Comment nous libérer du temps psychologique ?

Je m’adresse avant tout, à vous, en tant que totalité et non à votre Ego, qui sera bien souvent bousculé et remis en question.

Sur le sujet du temps et du désir de se transformer

 

Pouvons-nous nous libérer du temps psychologique ?

 

Qu’est-ce que le temps psychologique ?

Mais de quoi parle-t-on ?

Avez-vous remarqué, lorsque vous êtes dans un état d’emballement, d’émerveillement, à ce moment-là le temps vous parait inexistant, absent.

De ce fait « le bonheur est intemporel ». La réalité par excellence, n’est-ce pas ?

Evidemment, il n’y a qu’un seul présent immédiat. Une joie qui ne se fige dans le passé (hier) et qui ne se projette dans le futur (demain).

Soyons simplistes.
Soyons ouverts, sans jugements préétablis.

Mettons-nous d’accord sur le fait que nous sommes le résultat de deux temps : le temps chronologique et le temps psychologique.

Autrement dit, il y a « l’hier de l’horloge et de la mémoire », n’est-ce pas ?

Pourrions-nous-nous-libérer-du-temps-psychologique

Explorons ensemble afin de comprendre ce qu’est le temps de la mémoire :

  • Le temps est ce processus Passé-Présent-Futur. N’est-ce pas ?
  • Le temps est le passé : notre arrière-plan (notre instruction, nos croyances, nos expériences, nos conditionnements, nos freins, nos religions, nos gourous…)
  • Le temps est le futur (nos plaisirs, nos ambitions, nos rêveries…) et se situe demain, donc, le futur est ce que nous sommes maintenant. Autrement dit, je serai ce que j’étais. N’est-ce pas ?

Si nous suivons cette logique, le “maintenant” inclut tout le temps (passé-futur).

Posons-nous cette question, “peut-il y avoir une mutation, un changement total dans tout notre comportement, notre façon de vivre, de penser, de ressentir ?”.

Si le changement (psychologique) n’est pas immédiat, nous serons “toujours” ce que nous avons été hier. N’est-ce pas déroutant ?

 

Ce qu’on se raconte : mes conditionnements

 

L’évolution de l’être humain est un fait aujourd’hui indiscutable, « l’homme a évolué ».

Précisons que l’évolution physique est sans conteste, en effet. Toutefois, qu’en-est-il de son évolution psychologique (sa pensée) ?

L’humanité se pose les mêmes questions existentielles depuis des millénaire sans apporter de réponses concrètes. Les mêmes conflits subsistent, sans fin, n’est-ce pas ? Comme si le cerveau rejoue la même scène, encore et encore.

Et la scène, oscarisée par chacun de nous est « la question du devenir », « devenir ce que je ne suis pas »… quelle cacophonie dans notre cerveau !

Autorisons-nous à dire qu’on se livre chaque jour à une bataille psychologique intérieure chronique !

Comme nous le constatons tou(te)s, l’être humain (femme et homme) se raconte énormément de choses aussi constructives que stupides afin de légitimer une action ou au contraire pour la freiner.

Après une prise de conscience, on affiche un enthousiasme débordant, une lucidité étonnante ou une peur paralysante, une angoisse, du stress et parfois même de la panique. N’est-ce pas impressionnant le pouvoir de la pensée ?

De ces faits (enthousiasme ou peur), l’action se fige immédiatement, et l’hésitation prend le relai avec des : « là je n’ai pas le temps, je commencerai demain, la semaine prochaine, d’ici un mois, …dès que j’aurai fini ceci, j’aurai possédé cela… » et la liste n’en finit jamais.

 

Ce-qu'on se raconte-mes conditionnements

Qu’est ce qui se passe dans ces moments-là, lorsqu’on se fige et qu’on n’arrive pas à passer à l’action ?

 

La pensée (le produit de l’intellect, la mémoire : nos sentiments, nos émotions, nos intentions, notre éducation, notre culture… tous nos conditionnements aussi petits qu’ils soient.), est notre réalité. Ou plutôt doit-on dire la réalité de chacun, mais jamais la vérité.

 

La pensée avec cette définition, se propose plutôt comme un conditionnement, n’est-ce pas ?

Ce que nous appelons « demain », existe-il vraiment, d’un point de vue psychologique ?

Posons-nous la question, là, ici et maintenant ?

Ou est-ce une création de la pensée en raison de l’impossibilité de changement, et d’action immédiats ?

Elle génère une structure, une méthode pour nous permettre ou plus justement nous faire croire qu’on progresse graduellement ?

 

 

Le temps est-il nécessaire pour se transformer intérieurement ?

De vous à moi, la réponse serait fatalement « oui » !

Tel(le) que je suis (personne très timide) et tel(le) que je devrais être (un(e) excellent(e) orateur par exemple), là c’est clair, le temps est nécessaire pour réaliser la transformation, me diriez-vous. N’est-ce pas ?

Observons cette constatation. Considérons-nous le temps comme un moyen pour progresser, devenir autre ?

Et d’ailleurs pourquoi cherche-t-on à se transformer, à se métamorphoser ?

Est-ce lié à une demande extérieure (la société, la famille, le conjoint, le travail…), ou intérieure parce que nous ne sommes pas satisfaits de qui nous sommes ?

Est-ce parce qu’un état de souffrance, de confusion s’installe ?

Est-ce car ce que le miroir nous projette nous déplait, nous frustre, nous dégoûte, nous met en colère ?

Croyez-vous que le temps, pourrait résoudre ces conflits ?

 

Le-temps-est-il-necessaire-pour-se-transformer

Et si ce que nous considérons comme période nécessaire pour effectuer ce changement n’est en réalité qu’une perte d’énergie, davantage de souffrances, et des conflits intérieurs qui s’amplifient.

Considérer le temps (psychologique) comme une solution miracle pour obtenir une qualité, une aptitude ou une capacité, est une façon de se voiler la face. C’est se détourner de ce qui est, en luttant, résistant aux conflits intérieurs qui ne sont pas en phase avec ce qui devrait être.

En essayant de ne plus être timide, pendant une certaine période, cela prouve que vous êtes en train de résister au malaise, au conflit. Vous me direz « c’est normal, la résistance est nécessaire pour dominer le problème et cela exige du temps ».

Etes-vous conscient(e) que la résistance elle-même est un effort, un combat ?

Vous dépensez assez d’énergie (pour ne pas dire excessivement) pour résister à un conflit, ce que vous appelez dans ce cas « la timidité », et à cela s’ajoute cette autre lutte pour ce que vous devriez être « excellent orateur » !

Et si le premier grand pas à faire était d’accepter, de voir, d’observer tout simplement ce qu’est « être timide » ?

L’être humain est un adepte du moindre effort, n’est-ce pas ? Comprendre les choses par lui-même est un sacré défi. Pourquoi se fatiguer à se comprendre puisque d’autres peuvent le faire à notre place ?

Ce n’est un secret pour personne, pour comprendre quoi que ce soit, le cerveau doit être tranquille, pour ne pas faire d’efforts pour comprendre, car comme on le sait « l’effort est une résistance ».

Tout un chacun a déjà fait cette expérience. Pour comprendre quelque chose, le calme dans l’esprit se produit spontanément et immédiatement.

Lorsque vous écoutez de la musique, lisez un livre, préparez à manger, … ou tout simplement faire vos lacets. Vous êtes comment dans ces moments-là ? Calme, serein, les pensées ne vagabondent pas, vous faites juste ce que vous avez à faire, et c’est tout, n’est-ce pas ?

Maintenant qu’on a compris l’importance de comprendre ce qui est, et que cela nécessite du calme, explorons ce fait. Trouvons un conflit intérieur qui se cramponne depuis des lustres, et mettons-nous en contact avec ce qui est (le conflit). Que se passe-t-il ?

Aucune lutte, de la sérénité, de la disponibilité pour comprendre ce qui est, comme si vous regardiez un arbre, sans jugement, sans condamner, il est là. Avez-vous besoin de temps (psychologique) pour comprendre ?

Prenons conscience, lorsque notre esprit est silencieux, calme et en contact direct avec ce qui est, sans blâmer, l’observation devient passive, ce qui permet de pénétrer réellement le problème. Que se passe-t-il alors ?

La transformation intérieure se produit, et cela n’est réalisable que maintenant pas demain.

Lorsque quelque chose nous intéresse vraiment, avec l’intention de comprendre,… notre esprit s’immobilise, se calme. Un état plus paisible nous enveloppe, la lucidité est au maximum, et là, la transformation s’opère. Nous n’avons pas besoin d’être un génie pour nous offrir ce présent (cadeau).

L’expérience de faire « un » avec ce qui est, en ayant l’intention de comprendre sans jugement et sans compter sur le temps (psychologique) est un chemin vers votre bonheur. N’est-ce pas réjouissant ?

Soyons lucide, et comprenons que le temps (psychologique) ne peut résoudre nos conflits intérieurs.

On lui donne un rôle qui n’a pas lieu d’exister : masquer nos peurs, ou les légitimer, repousser l’action, rejeter ou ne pas accepter la transformation dans l’immédiateté.

Quand votre esprit est silencieux spontanément, sans contraintes (aucun conditionnement), ni discipline, la magie s’opère : vous serez capable de percevoir la réalité telle quelle.

Comment croyez-vous vous sentir ?

LIBRE.

 

Achever, c’est mettre fin au temps

La transformation s’accomplit quand la compréhension de l’expérience est complète, achevée. « Achever, c’est mettre fin au temps. »

De quoi s’agit-il ?

Quand nous nous sentons blessé(e)s par quoi que ce soit, une insulte, un geste maladroit, une offense… Cette expérience est bien réelle, puisque vécue. Ce n’est pas juste un acte pensé.

Posons-nous cette question : qui s’est blessé(e) réellement ?

Une image que vous avez créée de vous-même, mais pas vous…

Une image à laquelle vous vous identifiez d’une manière inconsciente (en lien direct avec les expériences passées, à l’éducation et à plein d’autres conditionnements).

Nous faisons de cette image un fait distinct de nous-mêmes (de notre moi). Vouloir agir sur cette image (je suis blessé(e)), c’est l’éterniser dans le temps, un facteur qui pousse à devenir, pour être autre chose que ce que nous sommes.

A l’instant même où on agit (par la fuite, par la violences, par la passivité, par la peur…), faire quelque chose pour changer ceci, cela,… ce qui est, la dissociation entre l’image (être blessé(e) et Moi) est inévitable, et les conflits intérieurs s’intensifient pour donner naissance, ou plutôt renforcer les barrières de notre prison psychologique.

 

Par conséquent, n’est-ce pas crucial de prendre conscience de cela et de continuer à rester lucide pour comprendre que, ces images que nous dissocions de nous-mêmes (pour plein de raisons aussi anodines que superficielles) par l’action « faire pour être », sont en fait « nous » (l’image est moi).

Voir, observer comme fait, « je suis en devenir » (est un ramassis d’images) n’est qu’une illusion que le temps psychologique incite l’entretien de l’état de souffrance initiale (l’illusion « je suis blessé(e) et je vais me retrouver sans blessures »)…

L’attente alors, s’offre à nous comme moyen d’observation. Une attente teintée de frustration, de douleurs sans fin. Dans le devenir, on perpétue ce que nous sommes, certes un peu modifié mais toujours dans la douleur.

Être blessé(e), être en colère, être timide, être joyeux(se), être violent, être amoureux, être pauvre, être riche, être avide, être intelligent, être bavard, être beau (belle)… c’est toujours « Moi », sans fragmentations, aucune distinction entre l’être et le Moi, « je ne peux changer et rester le même ».

La seule et l’unique chose qui rend cette séparation possible est la notion du temps (dans le sens du devenir) quand le AGIR devient urgent.

Le Moi, en soif de devenir, se raconte plein de chose « Je dois contrôler ça, je dois m’en débarrasser, je dois y faire quelques choses… », ce mouvement de penser impose la séparation entre l’image de soi et le soi, et cette impulsion c’est le temps (psychologique). N’est-ce pas déroutant ?

Observer et comprendre que le temps psychologique (ce temps imaginé) ne peut pas être utilisé en tant que moyen d’observation. Par ailleurs, cela vous permet d’être dans un état plus lucide, une meilleure connaissance de vous-même, et surtout vous apporte la fin de la souffrance psychologique.

Maintenant qu’on a fait le tour de la question sur le temps psychologique, une autre question émerge en relation directe avec la notion du devenir, l’inattention.

La comprendre suffisamment et s’en défaire c’est éliminer la contradiction interne.

Personne ne contredira que l’homme a toujours vu dans le devenir, la promesse d’une récompense future, et par ailleurs, un bon refuge pour éviter la douleur et la souffrance, n’est-ce pas ?

 

Mais est-ce que le devenir a mis fin à nos souffrances ? Que peut-on faire ?

 

Essayons de comprendre d’abord ce que l’attention n’est pas pour mieux la saisir :

  • L’attention n’est pas la concentration
  • Ce n’est pas un effort
  • Ce n’est pas une expérimentation
  • Ce n’est pas un combat pour être attentif

L’inattention, est donc quand on s’identifie à une multitude de choses (extérieures ou intérieures).

De ce fait, la fragmentation s’installe, les problèmes émergent : déprime, anxiété, stress, peur, solitude, comparaison, jalousie, … C’est ramener tout à Soi

Pourrions-nous, après avoir compris le processus de l’inattention, s’en libérer ?

Un esprit un peu lucide et en bonne santé répondra, oui et maintenant. Cependant, oserons-nous dire qu’on a tous des esprits lucides et en bonne santé ?

Etes-vous prêts à accepter et admettre que le devenir psychologique implique l’identification quelle qu’elle soit ? Et que l’identification n’est qu’illusions et douleurs ?

Lorsque le cerveau est en silence totale, l’attention est inhérente, et l’énergie est suprême. On retrouve alors du temps pour faire ce qui est important pour nous ! 

Se libérer de la mémoire, du connu, de tout conditionnement, c’est mieux se connaître ici et maintenant sans trébucher encore dans le vieux, c’est renaître chaque jour où le temps psychologique est aboli.

Etes- vous prêt(e)s à retenter l’expérience, de changer dans l’immédiateté ?

 

A vous de jouer !

 

Ourida

Coach en développement personnel & professionnel

Observer c’est se connaître